Salut les kids ! C'est sur un air endiablé des Kimikol Brozeur que je vais entamer la deuxième vraie critique de ce blog monumentalement chouette. Et après avoir longument réfléchi (

Hell yeah !
(Paye ton suspense à deux balles !)
Les frères Weinstein (les boss de Miramax) sont des cons, ça on le savait (paye tes remontages de
Gangs of New York et
Cursed !), mais là ils repoussent un peu plus les limites de la connerie avec pour seul objectif la sauvegarde de leur cul doré. Ce qui devait donc être à la base un pur trip Grindhouse, avec deux films d'un 1h20 entrecoupés de quelques bandes-annonces hadeubal', avec moult effets de style "pour faire comme les films pourris" (jump-cuts, pellicule qui saute, brulures de cigarette, bobine qui saute) s'est transformé, suite au croûtage au box-office américain, en sorties séparées avec disparition des bandes-annonces et rallongement du film de Tarantino pour passer la barre des 90min. Si la politique des Weinstein est largement condamnable, il ne nous reste plus qu'à ronger notre frein, et se "contenter" de deux films d'exploitation séparés de plusieurs mois (ou alors vous allez chercher le montage US sur la Mule bande de sales pirates, c'est pas moi qui vous l'ai dit hein ouhlala non je veux pas d'ennuis moi).
Donc pour l'instant, nous pauvres européens, on se contente de
Death Proof (
Boulevard de la Mort en VF, yeah !) de Quentin Tarantino l'idole des geeks. L'histoire d'un cascadeur qui s'amuse à buter des jeunes donzelles à grands coups de voiture blindée. Le point de départ idéal pour un film d'exploit'. Le point de départ idéal, surtout, pour que Tarantino s'amuse à balancer les références du film de "Vroom-Badaboum" (comme
Vanishing Point ou
60 Secondes Gone, l'original hein par celui avec Nicholas "Perrukman" Cage), mais aussi pour se permettre d'appliquer les règles du slasher et même de caler un peu de rape-and-revenge.

J'ai pas trouvé d'images de son popotin, dommage, ça aurait bien illustré le "sexe" du ciné d'exploit'
D'abord un petit rappel de ce qu'est un film d'exploitation : un film purement commercial avec du cul du sang de l'action et des trucs un peu pourris/artisanaux autour. Rodriguez et Tarantino avaient donc prévu de faire des films le plus proche possible de l'esprit GrindHouse. Et c'est presque réussi pour Tarantino.
Tarantino a déclaré vouloir faire un "slasher avec une voiture à la place du couteau". Ah, un slasher, c'est un film où un tueur mystérieux bute des jeunes. Voila. Le film reste sur ce principe pendant la première partie du film, qui voit 4 poufettes et Rose McGowan se faire défoncer par la voiture du tueur. Un tueur incarné par Kurt Russell, le seul, l'unique Snake Plissken. Et dire qu'il joue bien est un euphémisme. Monstrueusement charismatique, il est à la fois sympathique et inquiétant, puis devient franchement flippant quand il se met à buter tout le monde. La deuxième partie tient, elle, plus d'un mix entre le rape and revenge et le film de 'oitures, débutant mollement, enchaînant sur une poursuite dantesque qui renvoie directement (et si toi, jeune spectateur, tu vois pas, un dialogue est là pour t'aider) à
Vanishing Point, avec déchaînement des moteurs et moult cascades, pour s'achever en un rape-and-revenge furieux, le plan final totalement jouissif faisant de ce film un hymne Girl Power. Toutes ces références, ces pompages faits par Tarantino n'alourdissent pas le film, et sont suffisamment bien imbriqués l'un dans l'autre pour ne pas ressembler à un patchwork immonde.
Si les références sont là, et bien insérées dans le récit, Tarantino semble être emmerdé par les contraintes imposées par son pari avec Rodriguez, ce qui donne une absence totale de petits détails purement GrindHouse durant la seconde partie, une péloche quasi-propre, et peu d'effets de style purement exploit'. Ce qui pousse à penser que pour la première partie, Quouentine a voulu faire un film d'exploit' comme on en faisait dans les 70's, pour ensuite nous livrer dans sa seconde partie un film d'exploit' filmé avec les moyens et la mise en scène d'aujourd'hui. De plus, ce split entre les deux parties (qui n'ont que le tueur et l'univers automobile en commun), renvoie directement aux magouilles de certains producteurs de séries B, qui n'hésitaient pas à remonter certains des films de leur catalogue, en y ajoutant ou "collant" un surplus de cul, d'action ou de gore, ou alors carrément en mixant deux films de leur catalogue pour n'en sortir qu'un seul. Si le côté "remontage de producteur à la con" est super bien vu, la "propreté" de la seconde partie est plus problématique. Outre le fait que cela n'apporte rien au film, Tarantino ne peut apparemment pas se contenter de faire un film pour le fun. Il se contente alors de faire son film "bien", comme si ça le faisait chier finalement de faire un film foutraque. On passera sur sa mégalomanie galopante, avec tirage de couverture lors du Festival de Cannes au détriment de Rodriguez qui, parait-il, livre avec son
Planet Terror, un super bon film de zombies fun et décomplexé, LUI.



Salut, je suis la classe incarnée.
Mais alors, ça vaut quoi
Death Proof, concrètement ? Bah au niveau de la mise en scène, pas de problèmes, ça bute sévèrement. Tarantino n'est clairement pas un manche et sait tenir sa caméra et le prouve lors de nombreuses scènes comme la course poursuite et le crash bien sûr, mais aussi le dialogue entre Stuntman Mike et Butterfly, summum de tension et de sensualité. Son style très poseur ainsi que ses tics de réalisation (paye ton fétichisme des pieds !) sont encore une fois bien présents, ce qui fera plaisir à certains, mais qui pour moi me cassent un peu beaucoup les burnes au bout d'un moment. Y'a bien une bonne trentaine de plans sur des jambes ou des pieds, y'a caméo de Tarantino, y'a pas de plans vus du coffre c'est déjà ça. Même si les noms Big Kahuna Burgers ou la présence d'Earl McGraw sont justifiés, puisque faisant partie de l'univers Tarantino (au même titre que les frères Vega), certains détails, comme la sonnerie de portable qui reprend Twisted Nerve de Bernard Hermann, déjà présent dans
Kill Bill vol.1, ou le repompage des plans d'intro de
Reservoir Dogs et du passage à tabac de la mariée de
Kill Bill font vraiment clin d'oeil appuyé au spectateur et repompage.
Côté dialogues et traitement des personnages, c'est tout aussi problématique. On le savait, Tarantino est un gros bavard, et ça se reflète sur ses films. Néanmoins, ses dialogues, bien que longs, ont toujours été intéressants, drôles et faisaient avancer le récit. Sauf que là, et ça vaut surtout pour la première partie, c'est juste chiant. Mais vraiment hein. Après, certains ont dit que "c'est des filles qui parlent donc ça intéresse plus personne", mais en fait même pas. Ce sont les conversations en elles-mêmes qui sont chiantes (surtout que les filles en général parlent pas que de cul, si ? Je me sens naïf là). Sans compter une amorce de sous-intrigue avec le petit ami de Julia, qu'on ne connait que pas SMS interposé, Tarantino passant trop de temps dessus pour que cela soit un simple détail, et qui finalement se révèle ne servir à rien, ou alors il a voulu se la jouer
Pulsions en voulant péter la narration en plein milieu (tuer les héroïnes supposées, manque de bol, tout le monde sait que Rosario Dawson, qu'on avait pas encore vue, joue dedans), auquel cas c'est raté, ou alors il voulait donner de l'épaisseur au personnage de Julia, auquel cas c'est encore raté et tant mieux. Parce que, pour un slasher, y'a rien de pire qu'une grosse caractérisation/exposition des personnages "normaux". Le héros dans les slashers, c'est le tueur, basta. Et le tueur, ici, c'est Kurt. Le seul. Le monstre. Et là c'est excellent, même si l'évolution du personnage, qui passera du boogeyman immortel (merci à la voiture
DeathProof) et inquiétant à la grosse pleureuse dès qu'il se fera chopper par les filles, ne plaira pas à tout le monde. La classe fait homme, avec un Kurt revenu au top de sa forme (c'est à dire "j'explose tous les autres acteurs de mon charisme et de mon talent"), se réservant les meilleures répliques et tout en ambigüité.
Pour le rythme, c'est très moyen aussi. Si la première partie est très bien équilibrée, avec un crash t'arrivant dans la gueule pile au bon moment, la deuxième partie est elle beaucoup plus ennuyante. Beaucoup de longueurs et de baisses de rythme au début de cette seconde partie, avec des scènes pas franchement utiles, ou beaucoup trop longues, même si cela peut s'expliquer par le remontage à l'arrache du film (amuse-toi à rajouter une demi-heure à ton film pour voir). MAIS au niveau des dialogues c'est quand même 'achement plus intéressant, on délaisse le côté pupute pour sortir les conversations à base de références et de grosses voitures. C'est mieux.
Maintenant, je vais être honnête, j'ai pris un pannard d'enfer devant la plus grande partie de
Death Proof, hein qu'on soit bien clairs. C'est fun, bien filmé, bien joué (enfin surtout les meufs de la deuxième partie et Kurt), avec pas mal de scènes excellentes (putain mais le crash quoi O_O), suffisamment foutraque pour être jouissif, MAIS, avec le recul, y'a quand même pas mal de longueurs et pas mal de défauts, déjà cités plus haut (cul entre deux chaises, dialogues à rallonge, auto-citation vraiment trop présente), qui empêchent de classer
Death Proof comme un film majeur de Tarantino.
(ah et y'a Eli Roth , le réal d'
Hostel qui joue un petit rôle, rien que pour ça c'est -1/6)
4/6